Step by Step

Donnons à nos enfants le goût de la lecture !

Pour donner à nos enfants le goût de lire, pour qu'ils le fassent d'eux-mêmes avec plaisir, il est essentiel de respecter leurs droits. Ces 10 droits imprescriptibles du (jeune) lecteur que nous livre Daniel Pennac dans son essai, Comme un Roman, paru en 1992 chez Gallimard.

Salle de classe

"Comme toute énumération de droits qui se respecte, celle des droits à la lecture devrait s'ouvrir par le droit de n'en pas user (en l'occurrence le droit de ne pas lire) faute de quoi il ne s'agirait pas d'une liste de droits mais d'un vicieux traquenard... Pour commencer, la plupart des lecteurs s'octroient quotidiennement le droit de ne pas lire. N'en déplaise à notre réputation, entre un bon bouquin et un mauvais téléfilm, le second l'emporte plus souvent que nous aimerions l'avouer sur le premier. Et puis, nous ne lisons pas continûment. Nos périodes de lecture alternent souvent avec de longues diètes où la seule vision d'un livre éveille les miasmes de l'indigestion..."

1
Le droit de ne pas lire

Pour garder le goût de la lecture, il est primordial de ne JAMAIS forcer un enfant à lire. En effet, en tant qu'adulte, si l'on nous force à faire une chose on n'en retire aucun plaisir. Il en va de même pour l'enfant. Si on le force à lire, alors il perd le plaisir de la lecture. On se souvient bien mieux d'un roman choisi, que l'on a lu par plaisir, que de celui lu par devoir.

"Le devoir d'éduquer, lui, consiste au fond, en apprenant à lire aux enfants, en les initiant à la Littérature, à leur donner les moyens de juger librement s'ils éprouvent ou non le besoin des livres"

2
Le droit de sauter des pages

On peut ne pas tout lire et retirer l'essence d'un roman. Dans son essai, Pennac le conseille même aux enfants surtout si l'œuvre leur semble inaccessible de part sa longueur. Cela n'altérera pas forcément la compréhension du texte et leur donnera envie d'y revenir lorsqu'ils seront devenus de meilleurs lecteurs.

3
Le droit de ne pas finir un livre

Il y a de très nombreuses raisons qui justifient le fait de ne pas aimer un livre. Parmi celles-ci, on trouve notamment :

  • Le sentiment de déjà lu.

  • Une histoire qui ne nous passionne pas.

  • Un désaccord total avec les thèses de l'auteur.

  • Un style qui nous insupporte ou au contraire une absence de style qui ne donne pas envie d'aller plus loin...

Alors, comme nous ne forçons pas nos enfants à finir leurs assiettes lorsqu'ils n'ont plus faim, ne les forçons pas à finir un livre qui ne satisfait pas leur appétit de lecture. Sous peine d'indigestion livresque pouvant conduire à un dégoût définitif de la lecture.

4
Le droit de relire

"Relire, ce n'est pas se répéter, c'est donner une preuve toujours nouvelle d'un amour infatigable."

Quand on aime on ne compte pas ! Alors pourquoi se priver de relire un livre que l'on a aimé. Je le vois bien avec mes filles : à la bibliothèque, elles empruntent souvent les mêmes livres. Et, parmi les livres qu'elle possède, Miss C en a relu certains plus de 10 fois.

Il y a plusieurs raisons au plaisir de relire un livre :

  • Le plaisir de la répétition,

  • pour ne pas sauter de passage,

  • pour lire sous un autre angle,

  • pour vérifier ce qu'on a lu...

Dans la pédagogie Montessori, on voit à quel point la répétition est importante pour l'enfant. Il va relire un livre pour se l'approprier. J'ai remarqué un parallèle intéressant entre les dessins animés et les livres.

Je ne sais pas si c'est pareil avec vos enfants mais mes filles ont tendance à être monomaniaques avec les dessins animés. Elles vont regarder le même dessin animé ou le même film en boucle jusqu'à le connaître par cœur. Je ne connais pas la raison de cette manie mais elles font pareil avec les livres.

5
Le droit de lire n'importe quoi

"Enfin, Maupassant, c'est tout de même « mieux », non ? Du calme… ne pas céder soi-même au bovarysme ; se dire qu'Emma, après tout, n'était elle-même qu'un personnage de roman, c'est-à-dire le produit d'un déterminisme où les causes semées par Gustave n'engendraient que les effets - tout vrais qu'ils fussent - souhaités par Flaubert. En d'autres termes, ce n'est pas parce que cette jeune fille collectionne les Harlequins qu'elle finira en avalant l'arsenic à la louche."

Il n'y a pas de "mauvaises" lectures. Il faut lire ce dont on a envie. Un enfant qui lit des BD, des mangas ou même des magazines, lit. Et, en lisant, surtout ce qui lui plaît, il développe son goût pour la lecture.

L'auteur explique bien que cela n'exclut pas qu'il y ait des bons et des mauvais romans. Les mauvais romans sont selon lui les romans industriels qui se contentent de reproduire à l'infini les mêmes types de récits. Il les décrit comme une "littérature du prêt à jouir". Les "bons romans", que je comparerai aux living books décrits dans la pédagogie Charlotte Mason, sont ceux qui nous élèvent. Ils nous entraînent dans leur univers et on en sort enrichi, grandi...

Mais les "mauvais" font aussi partie de la littérature. Lire de tout permet de se construire une culture littéraire et d'aiguiser son esprit critique.

6
Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)

"La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens."

Quand on lit un bon roman, quel plaisir de se laisser emporter dans l'histoire au point, le temps d'un instant, de vivre ce que vit le héros. Vibrer quand il vibre, ressentir sa joie ou sa tristesse, ses montées d'adrénaline.

S'evader est un des plaisirs de la lecture et lorsqu'un enfant découvre LE LIVRE qui lui fait ressentir cela : on a gagné ! Il aura le goût de lire...

7
Le droit de lire n'importe où

Dans "Comme un Roman", Daniel Pennac explique que l'on peut lire n'importe où en prenant l'exemple d'un soldat qui se porte volontaire chaque matin pour nettoyer les toilettes afin d'y lire l'œuvre intégrale de Nicolas Gogol.

Ici, mes filles lisent n'importe où et surtout dans toutes les positions... L'important c'est qu'elles lisent avec plaisir...

Une jolie initiative d'une enseignante américaine trouvée sur Pinterest : Une salle de classe où l'on s'adapte le temps de la lecture.

Salle de classe

8
Le droit de grappiller

"La question n'est pas de savoir si j'ai le temps de lire ou pas, mais si je m'offre ou non le bonheur d'être lecteur."

Pourquoi devrait-on lire un livre dans l'ordre du début à la fin. On peut tout à fait n lire un passage situé au milieu ou à la fin du livre. Surtout si l'on dispose de peu de temps pour lire. On aura lu et avec plaisir car ce sera un morceau choisi !

Quel meilleur moyen d'ancrer le plaisir de lire dans l'esprit de nos enfants que de leur offrir ces instants volés entre eux et le livre.

9
Le droit de lire à haute voix

"L'homme qui lit à voix haute nous élève à hauteur du livre. Il donne vraiment à lire !"

Lire à voix haute permet à l'enfant de faire travailler à la fois la vue et l'audition et donc renforce la mémorisation. Ici, ma grande (qui a appris à lire seule) a su d'abord lire à haute voix et a mis un certain temps à aborder la lecture silencieuse. Comme si le fait de dire les mots écrits lui permettait de vérifier sa compréhension. Aujourd'hui, elle continue et lit des histoires à ses petites sœurs.

10
Le droit de nous taire

Lire est un acte personnel qui génère des émotions et le droit de ne pas donner notre ressenti sur un écrit est précieux. Pour aimer lire, on doit pouvoir garder au fond de soi ce que cela nous a apporté.

"Une seule condition à cette réconciliation avec la lecture : ne rien demander en échange. Absolument rien. N'élever aucun rempart de connaissances préliminaires autour du livre. Ne pas poser la moindre question. Ne pas donner le plus petit devoir. Ne pas ajouter un seul mot à ceux des pages lues. Pas de jugement de valeur, pas d'explication de vocabulaire, pas d'analyse de texte, pas d'indication biographique...

S'interdire absolument de parler autour...

Lecture-cadeau...

Lire et attendre...

On ne force pas une curiosité, on l'éveille...

Et n'oublions surtout pas : Le verbe lire ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres : le verbe "aimer"... le verbe "rêver"..."


Les Jeudis Education

jeudis éducation

C'était ma participation au RDV "les jeudis éducations" organisé par WonderMôme.


Les autres participations


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1 commentaire :

Bulles de Plume a dit…

C'est tout à fait ça !

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Blog d'une maman Bretonne de trois petites miss de 6, 4 et 2 ans, instruites en famille.En savoir plus...

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